FACE A LA SOUFFRANCE : S'éloigner ou se rapprocher de Dieu

Publié le par May

FACE A LA SOUFFRANCE
     Gabriel Monet*


1 - S’éloigner ou se rapprocher de Dieu ?

 

 

La souffrance ! Elle est partout. Elle est autour de nous, elle est en nous. Le monde entier est son domaine, mais son terrain privilégié, en même temps que son meilleur auxiliaire, est l'homme, à qui il suffit d'exister pour souffrir et produire automatiquement de la douleur. Qu'on s'appelle Job, Paul de Tarse, Homère, Michel-Ange, Chopin, Napoléon ou Soldat inconnu, la souffrance colle toujours à notre peau d'homme. La souffrance est partout. Elle est capable de prendre toutes les formes imaginables : maladie, torture physique, deuil, souffrance morale, chagrin d'amour, vieillissement... Tour à tour, elle se fait aiguë, sournoise, violente, sourde, tenace, latente, lacérante, hideuse, vicieuse. Elle frappe, martèle, écrase le corps, brise le cœur, fait agoniser l'esprit. ElIe peut naître du travail, tout autant que du plaisir. Personne sous le soleil n'est à l'abri de la souffrance. Elle règne dans la vie du pauvre, mais n'épargne pas le confort du riche. Elle fait pleurer l'enfant, défigure la beauté du jeune, ride le visage de l'adulte et tord le corps du vieillard. Du berceau à la tombe, la souffrance c’est notre inséparable compagne. Que nous le voulions ou non, notre dépendance ou notre liberté : souffrance, nos vertus ou nos vices : souffrance, nos amours et nos haines : souffrance ! La souffrance fait partie intégrante de la vie.

Devant cette implacable réalité, l'homme se rebelle et se défend avec tous les moyens à sa disposition. Son instinct de vivre s'oppose sans cesse contre tout ce qui menace de le détruire. Sera-t-il possible d'apprendre à assumer la souffrance, à la maîtriser, à l'utiliser, à la transformer, de manière à pouvoir faire de cette maîtresse de mort, une maîtresse de vie ? La souffrance est un sujet si vaste et si complexe qu'il serait prétentieux de ma part de vouloir ébaucher ici, ne serait-ce que ses principales implications. Car la souffrance peut être abordée par de très différentes approches qui échappent totalement à ma compétence : point de vue médical, psychologique, social, éthique, philosophique, théologique. Il serait extrêmement enrichissant d'explorer ces différentes voies avec l'aide de spécialistes dans les domaines mentionnés ! Je ne suis pas un spécialiste de la souffrance. Je ne suis donc pas là en tant que tel. Il y a de nombreuses personnes qui connaissent mieux que moi la douleur, soit par expérience professionnelle, soit par expérience personnelle. Je ne suis là qu'en qualité de témoin. Je dirais à la rigueur que je suis là en qualité de souffrant. En tant qu'être humain soumis à la souffrance, comme vous tous, sensibilisé peut être d'une manière spéciale au problème qui nous occupe, de par ma formation et mon travail pastoral. Toute cure d'âme n’est qu'un accompagnement de ceux qui souffrent.

Or, plutôt que de traiter le problème métaphysique du mal ou le problème théologique de la souffrance, j'aimerais me limiter à considérer quelques-uns de ses aspects humains. Car en réalité ce qui existe, ce n'est pas exactement le problème universel de la souffrance, mais des êtres qui souffrent pour des problèmes bien personnels. Nous tous, vous et moi. La simple expérience de la vie nous confronte à cette triple constatation :

- Le besoin universel d'exprimer et de crier sa souffrance.
- Le désir universel d'expliquer la souffrance ou de lui trouver un sens.
- L’effort universel pour éviter, combattre ou supprimer la souffrance.



Suite : FACE A LA SOUFFRANCE : Exprimer la souffrance



* cet article à été publié sur ce site avec l'aimable autorisation de l'auteur
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Publié dans REFLEXIONS

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